Depuis plus de quatre mille ans, le terroir dénommé Saint-Sulpice de Faleyrens, est un pole d’attraction. Son nom fait allusion à un évêque du septième siècle, saint Sulpice, évêque de Bourges et à une communauté religieuse qui privilégiait les lieux champêtres. La faleyre, c’est la fougère, en occitan.
Des navigateurs orientaux y ont débarqué, au temps des pyramides, important l’agriculture, l’élevage, l’astronomie. Près de l’embarcadère qui est devenu le port d’où Saint-Emilion a exporté ses barriques vers Rome puis Londres, via Bordeaux, ils ont dressé un monument spectaculaire qui est l’ancêtre du patrimoine architectural de l’appellation Saint-Emilion, un menhir de cinq mètres de haut que les habitants ne manquent pas de fêter à chaque solstice d’été.
Celtes, romains, wisigoths, sarrasins, vikings, anglais, espagnols, s’y sont ensuite installés. Une rivière poissonneuse où se pêchent des aloses et des lamproies savoureuses, des "palus" où passent des chevreuils et des sangliers et les fameux vignobles de l’appellation Saint-Emilion les ont séduits.
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Des siècles de vie commune ont unifié leurs coutumes tout en préservant un irréductible individualisme, de telle sorte que Saint-Sulpice a toujours été peu conformiste.
En 1582 et 1583, par exemple, dans son château situé à l’entrée du bourg, le seigneur de Lescours reçoit en grande pompe le chef du parti huguenot Henri de Navarre (futur Henri IV) et il défie les "Papistes" alors que, étapes appréciées sur les routes de Compostelle, l’église romane de Saint-Sulpice et les monastères de Saint-Emilion sont des hauts lieux de pèlerinage catholique.
A la même époque, dans sa propriété de Saint-Sulpice, le président du parlement de Bordeaux, Jean Despagnet, pratique des sciences ésotériques. De 1602 à 1625, sous le pseudonyme de Chevalier Impérial, il publie plusieurs traités d’alchimie. Un lieu dit Despagnet rappelle de nos jours l’emplacement de sa maison.
Les vignerons ne sont pas en reste. Les rois de France envoient des sergents recruteurs beaux parleurs qui incitent les jeunes à vider maints gobelets avant de presser leur pouce sur la liste des engagés. Les archives de la commune évoquent le départ en fanfare des "volontaires"… et leur retour en catimini. Sitôt atteints les coteaux d’Angoulême, ils plongent dans des fourrés et rentrent à Saint-Sulpice où les gens d’armes complaisants les retrouvent en train de tailler la vigne.
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Les habitants de Saint-Sulpice ont toujours vécu en symbiose avec leur opulente voisine, Saint-Emilion, haut -lieu de pèlerinage. Une unique institution, la Jurade, a administré du douzième au dix-huitième siècle l’ensemble de l’appellation. Cette tradition se perpétue aujourd’hui grâce à la création d’une Communauté de Communes qui gère un territoire presque identique à celui de l’ancienne Juridiction tandis que la Jurade est devenue l’ambassadrice du Vin de Saint-Emilion à travers le monde.
Un événement récent a couronné avec panache cette histoire qui s’avère être celle de la conquête du bonheur de vivre : en 1999, dans le cadre de l’appellation Saint-Emilion, la Commune de Saint-Sulpice de Faleyrens a été classée Patrimoine mondial de l’humanité.