Dans la vallée de la Dordogne, au bord de la route menant de Libourne à Saint-Sulpice de Faleyrens, se dresse le célèbre mégalithe de Pierrefitte bien reconnaissable à sa forme évoquant une gigantestque spatule. Ses dimensions imposantes (hauteur 5,20 m, largeur maximale 3 m, épaisseur 1,5 m; sa masse est estimé à 50 tonnes) en font le plus grand menhir de Gironde, mais aussi du Sud-Ouest de la France. Ses rivaux de la Chalosse (Sainte-Colombe et Larivière) et de l'Agenais (Tayrac) sont bien moins majestueux.
Constitué d'un bloc monolithe de section quadrangulaire et légèrement incliné, il est le résultat d'un énorme travail collectif des populations neolitiques. Taillé dans un calcaire à astéries, le bloc a été extrait vraisemblablement des affleurements de Saint-Émilion, situés à environ 2,5 km du site. Ce travail témoigne d'un véritable exploit de la part de ses constructeurs.
Le menhir présente à sa partie inférieure un curieux étranglement, qui peut être le fait de ceux qui l'ont érigé ou d'un travail plus récent des carriers. Sur l'une de des faces, à 0,70 m au dessus du sol actuel, on remarque un « trou à offrandes » de forme circulaire creusé au Moyen-Âge.
La datation de cet élégant mégalithe est difficile en l'absence de matériel lithique ou céramique fermement associé. Situé à proximité de la région la plus riche en allées couvertes, que l'on date traditionnellement du Néolithique récent (2600-2300 av. J,-C.), il est vraissemblablement contemporain de ces dernières.
Des textes juridiques du treizième siècle font état du monument qui est désigné sous le nom de « Petra Fixa » et qui servait à borner les limites de la juridiction de Saint-Émilion.
Les habitants le fêtent à chaque solstice d’été. Selon la croyance, « la pierre levée » avait la réputation de garantir bonheur et prospérité. Les jeunes gens s’y rendaient pour bénir leurs amours.